Je ne reviens que pour vous informer que la beauté, peu à peu, disparaît. Je perds le courage de créer dans un monde où bien peu de gens ont encore envie d'enchanter la vie.
Trivialité, réalisme, banalité.
Oui, c'est bien la banalité qui me tue, ces rêves à la con, ce paradis plus qu'artificiel que tout le monde poursuit jusqu'à la nausée. Jusqu'à ma nausée, mon dégoût qui m'étouffe et m'éloigne un peu plus d'eux.
J'ignore encore qui viendra me rattraper et ramener dans un monde que pourtant je méprise. Ce soir, je n'aspire qu'à cela, sans bien me rendre compte que celui qui m'y ramènera ne sera à mes yeux qu'un boulet de plus, boulet identique à celui que j'ai laissé tomber il y a peu avec tant de soulagement.
Ce soir, je sens que je perds un peu plus cette foi en une âme frère qui comprendrait mon dégoût. Exigeante jusqu'à l'absolu, je voudrais trouver quelqu'un capable de partager ma solitude sans la briser, de comprendre ma tristesse sans la partager.
Malgré tout, ma plus grande fierté reste... Moi, je me sens assez exister pour vivre seule.